L’Europe veut changer d’échelle dans l’intelligence artificielle. Avec l’appel d’offres AI Gigafactories, EuroHPC cherche à sélectionner des consortiums capables de construire et d’exploiter de très grandes infrastructures de calcul dédiées à l’IA.
L’objectif n’est donc pas de financer un projet IA classique. Au contraire, il s’agit de faire émerger des infrastructures industrielles à large échelle capables d’entraîner, d’adapter et de faire fonctionner les modèles d’IA les plus avancés. Ce faisant, ces infrastructures doivent renforcer la souveraineté technologique européenne, en fournissant aux acteurs européens un accès sécurisé à une puissance de calcul massive et à des données de haute qualité. Ainsi, elles apportent une contribution essentielle à un véritable écosystème européen de l’IA.
Par ailleurs, la France a confirmé son intention d’accueillir l’une de ces AI Gigafactories sur son territoire. Elle prévoit notamment de commander 100 millions d’euros de capacité de calcul au projet qui serait retenu en France.
Une AI Gigafactory est une infrastructure de calcul de très grande taille conçue pour prendre en charge l’ensemble du cycle de vie de modèles d’IA complexes : développement, entraînement, adaptation et inférence à grande échelle.
Contrairement à un centre de données classique, elle combine :
En parallèle, les projets devront également intégrer des exigences fortes en matière d’efficacité énergétique, de consommation d’eau, de circularité et de cybersécurité.
À terme, ces infrastructures doivent fournir aux entreprises innovantes, aux PME, à l’industrie, aux chercheurs et au secteur public européens un accès sécurisé à une puissance de calcul massive.
EuroHPC veut sélectionner les consortiums qui construiront et exploiteront les futures AI Gigafactories européennes. Concrètement, EuroHPC et 18 états participants dont la France achèteront une partie de leur capacité de calcul.
L’appel poursuit plusieurs objectifs :
Pour la France, l’enjeu est également stratégique : il s’agit de renforcer les capacités souveraines de calcul et de sécuriser l’accès futur de la recherche, des administrations et du secteur hospitalier à ces infrastructures.
Les candidatures doivent être déposées au plus tard le 12 novembre 2026.
Cet appel n’est pas destiné à une entreprise seule qui chercherait à financer le développement d’un produit ou d’un modèle d’IA. En effet, les candidatures sont ouvertes à des consortiums ou à des structures créées spécifiquement pour porter le projet.
Les acteurs concernés peuvent notamment être :
L’enjeu consiste donc à réunir, au sein d’un même projet, toutes les compétences nécessaires pour financer, construire puis exploiter l’infrastructure.
Ici, l’appel porte sur des infrastructures industrielles complètes, et non sur une technologie isolée.
Deux niveaux de projets sont prévus :
Cependant, ces montants ne correspondent pas à une subvention classique. En pratique, le soutien public repose notamment sur l’achat de capacité de calcul auprès des Gigafactories retenues.
Les projets visés représentent donc des infrastructures majeures et des investissements très importants. Les consortiums attendus doivent être capables de présenter un projet déjà très avancé. La première phase de la Gigafactory doit pouvoir être opérationnelle dans un délai maximal de 18 mois après la contractualisation.
Nous sommes donc sur un projet d’investissement et de déploiement industriel.
Les conditions d’éligibilité sont très exigeantes.
Le consortium devra notamment démontrer :
Par ailleurs, la valeur ajoutée européenne fait partie des critères importants de sélection. À ce titre, le projet doit également répondre aux objectifs européens de souveraineté, de sécurité des données et de diversification des fournisseurs.
La France indique par ailleurs vouloir explorer des partenariats avec d’autres pays européens pour mobiliser des investissements complémentaires.
Là encore, le mécanisme est différent d’une subvention classique.
EuroHPC et les États participants soutiennent les Gigafactories sélectionnées en achetant une partie de leur capacité de calcul. Ainsi, ils deviennent un client de référence (ou off-taker). Grâce à cela, ces commandes publiques apportent de la visibilité au projet et réduisent le risque pour les investisseurs privés.
En France, l’État s’est ainsi engagé à acheter 100 M€ de capacité de calcul auprès du projet qui serait retenu sur le territoire français.
L’objectif est donc double : sécuriser une partie de la demande future, en portant une partie du risque de déploiement et d’exploitation, tout en encourageant le financement privé dans ces infrastructures.
Avant tout, l’une des difficultés de cet appel tient à son échelle.
La question n’est pas seulement de savoir si une entreprise peut candidater. Il faut surtout, en amont, déterminer quelle place elle peut occuper dans un consortium AI Gigafactory.
Pour trouver sa place dans un consortium, un acteur doit donc être capable d’identifier la brique stratégique qu’il peut apporter au projet. La première étape consiste alors à qualifier son rôle dans la chaîne de valeur, puis à identifier les partenaires nécessaires pour construire un projet crédible.
L’autre point de vigilance : la maturité.
En effet, compte tenu du calendrier de déploiement, le consortium doit disposer très tôt d’une vision claire du site, du financement, des capacités énergétiques, de la technologie et de la gouvernance du projet.
Une candidature AI Gigafactory nécessite de coordonner des dimensions industrielles, financières, technologiques et européennes à très grande échelle.
PNO Innovation possède une solide expérience dans les projets industriels. À ce titre, nos équipes accompagnent les entreprises innovantes pour :
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