mai 05, 2026

Cap sur la décarbonation maritime et fluviale

La décarbonation du transport maritime et fluvial s’impose aujourd’hui comme une priorité stratégique pour la France, dans un contexte de pression réglementaire croissante, de volatilité des coûts énergétiques et d’exigence accrue en matière de compétitivité industrielle. Pour atteindre ses objectifs, la transformation du secteur doit s’appuyer sur plusieurs leviers complémentaires : améliorer l’efficacité opérationnelle des navires, accélérer le rétrofit de l’existant, développer les carburants alternatifs, électrifier les ports et faire émerger une offre industrielle compétitive. Plusieurs dispositifs publics viennent aujourd’hui soutenir cette dynamique, côté maritime comme côté fluvial.

 

PAMI – Plan d’aides à la modernisation et à l’innovation de la flotte

Le PAMI constitue l’un des principaux leviers publics pour accompagner la transition de la flotte fluviale. Il s’inscrit dans une logique de modernisation progressive des usages, des équipements et de la performance environnementale.

Nature du dispositif

Le PAMI a pour objectif d’aider la flotte fluviale à réduire ses impacts environnementaux et à s’adapter aux changements climatiques. Il s’agit donc d’un dispositif clairement positionné sur le secteur fluvial.

Qui peut candidater ?

Le dispositif s’adresse aux exploitants et propriétaires de bateaux de transport de marchandises, aux exploitants de bateaux à passagers et de plaisance locative. Son volet innovation est également ouvert aux bureaux d’études, chantiers et autres prestataires techniques, sous certaines conditions.

Secteurs concernés

Le PAMI concerne le transport fluvial de marchandises, le transport fluvial de passagers, la plaisance locative, ainsi que les activités d’innovation liées à la modernisation de la flotte.

Calendrier

L’appel est ouvert du 1er janvier 2023 au 1er octobre 2027.

Budget

Le budget est abondé par VNF dans la limite de 12,5 M€ sur 2023-2027, avec un montant annuel ajusté selon les arbitrages budgétaires et les cofinancements mobilisés.

Périmètre des projets éligibles

Le PAMI s’articule autour de plusieurs volets :

  • Amélioration de la performance environnementale de la flotte
  • Meilleure intégration du fluvial dans les chaînes logistiques
  • Renouvellement des acteurs et de la filière
  • Émergence de solutions innovantes

Dans la pratique, cela peut couvrir des opérations de remotorisation, des solutions zéro émission ou hybrides, des équipements d’efficacité énergétique, certains investissements logistiques et des projets d’innovation.

Résultats attendus

Le dispositif vise une réduction de la consommation de carburant, une baisse des émissions et rejets polluants, un recours accru aux énergies renouvelables et une meilleure performance logistique de la flotte fluviale.

 

Décarbonation des navires de pêche

Cet appel à projets cible un segment précis de la filière maritime : la pêche. Il se distingue par sa vocation très opérationnelle, avec une attente de résultats rapides sur la performance énergétique des navires.

Nature du dispositif

L’appel à projets vise à soutenir des équipements et des solutions technologiques permettant une amélioration à court terme de la performance énergétique et environnementale des navires de pêche, qu’ils soient neufs ou existants. Il soutient également des études et des travaux de conception.

Qui peut candidater ?

Les porteurs visés sont les sociétés commerciales, les associations du secteur de la pêche et les coopératives maritimes disposant d’une activité économique et capables de produire un compte de résultat et un bilan.

Secteurs concernés

Le dispositif concerne la pêche maritime et plus précisément les navires de pêche, neufs ou existants.

Calendrier

L’appel est ouvert du 9 février 2026 au 10 décembre 2026, au fil de l’eau.

Budget

Le cahier des charges ne précise pas d’enveloppe globale dédiée à l’appel dans le document publié. En revanche, il indique que les projets doivent présenter une assiette minimale de 200 000 € pour un projet individuel et de 250 000 € pour un projet collaboratif, avec 100 000 € minimum par partenaire. L’aide prend la forme d’une subvention pouvant couvrir jusqu’à 70 % des dépenses éligibles, avec une avance de 30 % à la signature puis un solde à l’achèvement du projet.

Périmètre des projets éligibles

L’appel à projet couvre le développement de nouveaux équipements ou solutions technologiques, les études de conception, le cofinancement d’études, l’acquisition de solutions de décarbonation et les opérations de rétrofit.

Résultats attendus

L’objectif est d’obtenir une amélioration rapide de la performance énergétique et environnementale des navires de pêche, au moyen de solutions concrètes, déployables à court terme sur la flotte existante comme sur les nouvelles unités.

 

Aides à l’investissement pour la décarbonation du transport et des services maritimes

Parmi les dispositifs actuellement ouverts, cet appel ADEME est sans doute le plus structurant pour l’écosystème maritime. Il traite à la fois les navires, les ports et l’outil industriel.

Nature du dispositif

Cet appel à projets vise à soutenir le déploiement de navires, d’équipements, de solutions et d’infrastructures portuaires permettant la décarbonation du transport et des opérations de service maritimes.

Les projets doivent présenter un niveau de maturité technologique de TRL 7 minimum en début de projet et de TRL 9 minimum en fin de projet.

Qui peut candidater ?

Le dispositif s’adresse aux acteurs économiques du secteur privé ou public, notamment les propriétaires de navires, armateurs, affréteurs, chantiers navals, équipementiers, ports maritimes, exploitants de terminaux et acteurs du ravitaillement des navires en carburants alternatifs.

Secteurs concernés

Trois grands segments sont ciblés : les navires, l’outil industriel maritime et les infrastructures portuaires.

Calendrier

L’appel est ouvert du 2 avril 2026 au 6 juillet 2026.

Budget

L’enveloppe de lancement est de 62,2 M€.

Périmètre des projets éligibles

L’appel couvre trois thématiques principales :

  1. Décarbonation directe des navires : propulsion vélique, remotorisation électrique/hybride, carburants alternatifs, amélioration hydrodynamique, efficacité énergétique embarquée, acquisition de navires propres ou plus performants
  2. Investissements industriels : création/extension d’usines et de chantiers, nouvelles lignes de production, démonstrateurs industriels, équipements de production pour technologies propres, amélioration environnementale des procédés de production, de réparation et de rétrofit
  3. Investissements portuaires : alimentation électrique à quai, bornes de recharge, raccordements électriques, stockage, infrastructures de soutage et de ravitaillement en carburants alternatifs

Pour les deux premières thématiques, les projets doivent être mono-partenaire. Pour la troisième, ils peuvent être mono-partenaire ou portés par un consortium de trois partenaires maximums.

Résultats attendus

Les résultats attendus sont le passage à l’échelle de technologies matures de décarbonation, la modernisation de la flotte, le développement d’infrastructures portuaires compatibles avec les nouveaux usages énergétiques et le renforcement d’une base industrielle européenne compétitive et résiliente.

 

CORIMER : un levier à surveiller

Le dispositif vise à soutenir le développement de solutions de propulsion décarbonée, comme les carburants alternatifs, l’hybridation, l’électrification ou encore la propulsion vélique.

Un nouvel appel CORIMER est attendu comme prolongement de la dynamique engagée, mais ses modalités 2026 restent à confirmer officiellement.

 

Le regard de l’expert

Si ces appels à projets poursuivent un objectif commun, ils ne répondent ni aux mêmes besoins, ni aux mêmes niveaux de maturité.

  1. Identifier le bon guichet. Un projet relevant du secteur fluvial n’a pas vocation à être traité comme un projet maritime.
  2. Être vigilant sur la maturité réelle du projet. Certains dispositifs soutiennent le déploiement de solutions déjà avancées, tandis que d’autres laissent davantage de place à l’innovation ou à la démonstration. Le niveau de TRL, la nature des dépenses, la capacité à justifier l’impact attendu et la cohérence du calendrier sont des critères décisifs.
  3. Un bon dossier ne se limite pas à un besoin de financement. Le projet doit démontrer une vision industrielle, un impact mesurable, une faisabilité technique, une cohérence économique et une capacité d’exécution.

 


En résumé

  • La décarbonation du maritime et du fluvial est devenue une priorité stratégique pour la France.
  • Plusieurs appels à projets soutiennent déjà cette transformation, côté fluvial comme côté maritime.
  • Le PAMI cible la modernisation de la flotte fluviale.
  • Les dispositifs Bpifrance et ADEME répondent à des besoins différents selon le type de navire, le niveau de maturité et la nature des investissements.
  • Le CORIMER constitue un levier à surveiller pour la suite, sous réserve de confirmations officielles sur son calendrier 2026.

 

Vous souhaitez savoir si votre projet est éligible à l’un de ces dispositifs ? PNO Innovation vous aide à évaluer son éligibilité, à cibler le bon dispositif de financement et à construire un dossier solide. Parlons-en.

Contacter un expert

Comment pouvons-nous vous aider ?

Nos experts vous accompagnent pour accélérer votre innovation.

    * Champs obligatoires

    This site is protected by reCAPTCHA and the Google Privacy Policy and Terms of Service apply.