Le Gouvernement a relancé deux dispositifs phares de décarbonation de l’industrie dans le cadre de France 2030 : le deuxième Appel d’offres Grands Projets Industriels de Décarbonation (AO GPID 2026) et une nouvelle relève de DECARB IND.
Avec ces deux dispositifs, l’État veut accélérer la décarbonation et l’électrification de l’industrie. Il veut aussi aider les entreprises à gagner en compétitivité et à moins dépendre des hydrocarbures. Les deux dispositifs sont opérés par l’ADEME et resteront ouverts jusqu’au 7 septembre 2026.
Cependant, ces deux dispositifs ne répondent pas aux mêmes besoins. L’un vise les très grands projets industriels. L’autre soutient des projets ambitieux, mais plus accessibles.
L’AO GPID 2026 est un appel d’offres concurrentiel. Il cible les grands projets de décarbonation de sites industriels français. Concrètement, l’État sélectionne les projets les plus solides dans un cadre concurrentiel. Ensuite, il conclut avec les lauréats des contrats de financement de long terme.
L’édition 2026 s’adresse uniquement aux entreprises ayant répondu à la consultation publique sur le projet d’appel d’offres entre le 25 juin et le 24 septembre 2025, ainsi qu’aux candidats non retenus de la version 2024.
Le dispositif cible les activités industrielles existantes soumises au SEQE-ETS, hors raffineries, sur des sites industriels existants situés en France. Il concerne donc les secteurs industriels les plus émetteurs, mais aussi ceux qui ont le plus de mal à réduire leurs émissions.
L’appel d’offres est ouvert du 7 mai 2026 au 7 septembre 2026.
L’ Appel d’offres Grands Projets Industriels de Décarbonation vise des projets de décarbonation fondés sur des solutions déjà assez matures. Par exemple, les projets peuvent porter sur :
En revanche, la production d’hydrogène décarboné par électrolyse relève d’un mécanisme dédié distinct.
Le dispositif vise à faire baisser les émissions des sites industriels les plus émetteurs. Il cherche aussi à faire émerger des solutions de décarbonation à un coût compétitif. Enfin, il doit permettre de construire puis d’exploiter des procédés industriels décarbonés à grande échelle.
DECARB IND 25 – 2e relève est un appel à projets opéré par l’ADEME dans le cadre de France 2030. Il finance, sous forme de subvention, des projets de décarbonation de sites industriels. Contrairement à l’Appel d’offres Grands Projets Industriels de Décarbonation, ce dispositif ne fonctionne pas comme un appel d’offres concurrentiel mais repose sur un système de relèves successives.
Le dispositif s’adresse à tout site industriel portant un projet permettant une réduction d’émissions de gaz à effet de serre supérieure à 1 000 tCO2eq/an à iso-production, avec des investissements supérieurs à 3 M€ et une demande d’aide inférieure à 30 M€.
DECARB IND cible les sites industriels au sens large. Toutefois, l’ADEME exclut plusieurs activités, notamment :
La 2e relève est ouverte du 7 mai 2026 au 7 septembre 2026 à 15h00. L’ADEME annonce également une 3e relève prévue le 20 mai 2027.
L’appel à projets vise quatre grandes familles de projets :
DECARB IND vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre des sites industriels et à inscrire les projets dans la trajectoire fixée par la SNBC 3. En pratique, l’ADEME attend des projets qui marquent une vraie étape dans la décarbonation du site et de la filière.
Les deux dispositifs soutiennent la décarbonation industrielle, mais ils n’interviennent pas au même niveau.
D’un côté, AO GPID s’adresse aux plus grands projets industriels, sur des sites ETS, avec une logique de mise en concurrence et de contrats de financement de long terme. De l’autre, DECARB IND cible des projets ambitieux, mais avec une entrée plus lisible : plus de 3 M€ d’investissement, plus de 1 000 tCO2eq/an évitées, et une subvention jusqu’à 30 M€.
Concrètement, AO GPID est un dispositif pour les “plus gros projets”. À l’inverse, DECARB IND est un dispositif de soutien à des projets de décarbonation dotés de critères d’entrée clairs.
Dans ce type de dispositif, la vraie difficulté n’est pas seulement de trouver un financement. Elle consiste à positionner correctement son projet.
Le premier point de vigilance est de bien qualifier le niveau d’ambition et la taille du projet. Un grand projet industriel structurant n’a pas vocation à être instruit comme un projet plus standard, même s’ils poursuivent tous deux un objectif de décarbonation.
Le deuxième point porte sur la maturité du projet. Dans les deux cas, les financeurs attendent une trajectoire crédible, un impact chiffré, un calendrier robuste et une cohérence entre investissement, gains carbone et faisabilité industrielle.
De plus, dans les deux dispositifs, les projets doivent démontrer une vision industrielle, une cohérence technico-économique et une capacité d’exécution. C’est précisément là que l’accompagnement expert permet de faire la différence, en sécurisant l’éligibilité, le bon positionnement et la qualité du dossier.
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